Mind the Relationship
Brice : Vincent, j’approche des 25 ans (mais ne le répète pas, c’est un drame personnel…) et je fais un terrible constat : je n’ai jamais eu de vraie relation. Tu sais, celle qui dure assez longtemps pour que tu présentes ton mec à tous tes amis, pour que tu fasses des petits week-ends en amoureux avec lui, pour que tu commences à parler de « et si on s’installait ensemble… ?« , tout ça tout ça. Et ça me mine, l’air de rien, de me dire que depuis que j’ai eu mon premier kiss on the lips, finalement je n’ai pas avancé !
Vinnie : Mon Brice, avec ton quart de siècle rassure-toi tu as toujours une gueule d’amour et je ne me fais pas de soucis qu’un chirurgien finira bien par crever une jugulaire tant il sera subjugué par ta fraicheur et ton regard d’alcoolique (mais que au champagne et à l’amaretto). Comme on dit, l’herbe est toujours plus verte chez le voisin. Pourtant, j’ai enfin l’impression de ne pas tomber dans le cliché suivant lequel un homme célibataire convoite une vie rangée et un homme rangé convoite évidemment la liberté du célibat. Que nenni, me voici avec mon Irlandais depuis plus d’un an (cri hystérique mais pas que…) et je ne regrette vraiment pas le célibat. Certes, il y a quelques fois à la salle de gym, je me dis qu’une oeillade de plus et hop, je te développerais-couché bien un gaillard mais le bon sens me rappelle que je suis réellement épanoui dans mon couple et que je n’ai nul besoin d’aller voir ailleurs. C’est à peine si je me souviens à quoi ressemble une capote ou quel effet ça fait à l’usage :) Et ça l’air de rien c’est un vrai plus ! En un an, j’ai fait le tour de pas mal de chose… la présentation aux parents, le premier « je t’aime« , l’emmenagement. Haaaa l’emmenagement. On se dit enfin en imaginant que ça va être si bien ! Les initiés m’ont déjà vu arriver. C’est pas si fantoche que ça en fait…

B : Erf, je crois malheureusement que le cliché du mec célibataire qui rêve d’une vie rangée, et du mec casé qui rêve d’une vie de liberté n’est pas tant un cliché que ça. Enfin, c’est un des rares trucs que j’ai appris de mes courtes mais nombreuses relations : finalement je ne suis jamais content de ce que j’ai. J’avoue être un flippé de « ma liberté », et que très vite, l’image de la relation heureuse qui apporte pleine de bonheur laisse la place à des angoisses terribles concernant ma liberté : pourrais-je toujours faire ce que j’ai envie ? pourquoi dois-je me justifier si ce week-end je n’ai pas envie de le voir ? peut-il comprendre que je veuille rester seul ce soir ? Par ailleurs je suis heureux pour toi et ton irlandais, vous avez franchi autant d’étapes qui ne sont pour moi que des choses abstraites que je ne vis que par procuration dans mon entourage. Tu as su tout de suite que c’était le bon ?
V : Pour répondre à toutes tes questions, disons que la vie de couple est faite de compromis ; rien de nouveau de ce côté là n’est ce pas ? Oui tu peux faire toujours ce que tu as envie, mais il faut que tu apprennes à conjuguer avec les besoins et envies de ton partenaire, sinon tu lui donnes l’impression de l’exclure de tes activités. Il peut comprendre que tu aies besoin de temps libre, on en a tous besoin et on finit par exploser si on n’en obtient pas. Une relation, aussi magnifique soit-elle je pense, ne se résume pas à une fusion des deux parties à temps plein ! Je parle par expérience et sûrement ne suis-je pas parole d’evangile mais j’ai toujours été très honnête avec ma moitié et j’ai explicité le besoin de mon temps perso : et rapidement on a trouvé un bon équilibre. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne peut pas avoir de temps libre de manière spontanée hein. Il suffit d’une bonne communication dans le couple, et tout va bien je pense. Pour preuve, le 17 Aoüt, on a fêté une année de plus avec mon irlandais.
Quant à savoir si j’ai su si c’était le bon dès le début, je ne sais trop quoi dire. J’ai toujours eu l’impression de rencontrer le grand amour. Jusqu’à présent j’avais évidemment tord et je m’en rendais compte au bout de deux semaines ou deux mois, mes deux périodes clefs. Si tu passais les deux semaines, ça voulait dire potentiel en vue, si tu passais les deux mois (ce qui est rarement arrivé, pour ne pas dire quasiment jamais !), tu avais le droit à toute mon attention ! Bizarrement, avec mon irlandais, après deux jours ensemble, oui, j’ai su. On s’est dit des mots forts tres rapidement. Avec beaucoup de peur d’effrayer l’autre mais quand on s’est rendu compte qu’on le pensait et vivait pleinement, ça faisait du bien…
B : Ahhh, les périodes clés, tu n’as pas idée comme ça me parle ! Si je regarde en arrière, j’ai connu trois type de mecs. Les plans cul, bon ça j’ai pas besoin d’expliquer, tout le monde sait comment ça marche (même si je pourrais développer, un autre jour, la notion d’amants). Ensuite j’ai 95% de mes « exs » qui sont en fait des garçons charmants, mignons (pour la plupart), mais avec qui je sortais en sachant pertinement que ça n’allait pas excéder les 2 semaines. Et l’habitude fait que je sais comment se découpe l’affaire : J1, on sort ensemble, première semaine sympa, J7, je commence à me rendre compte qu’on a rien en commun, seconde semaine de « et merde je vais encore devoir le larguer », J14, je me dis que je dois rompre, en général de manière totalement non galante, j’avoue, et je me retrouve célibataire. Ensuite, et bien pour les 5% restant, ce sont des garçons avec qui je suis resté plusieurs mois, avec qui j’ai pensé que ça allait marcher, mais avec qui au final ça a capoté. Alors forcément, me sentir amoureux, la boule dans le ventre, les papillons, le regard qui pétille, les hormones au plafond, l’envie de dire à la terre entière que c’est lui qui me rend heureux, tout ça, je ne connais pas. Mais entendre autour de moi des belles histoires ordinaires, qui ne sont pas des contes de fées avec des jolies princesses et des beaux chevaliers, mais des histoires de la vie de tous les jour, ça me rassure (ça nourrit l’espoir) autant que ça me déprime (pourquoi pas moi ?!). Jusqu’à maintenant, je me dis juste que je n’ai pas rencontré la bonne personne, celle pour qui « my heart goes boom boom boom » (désolé si je t’ai collé la chanson dans la tête), et que ça finira bien par arriver. Ou pas, auquel cas ça confirmerait ma thèse de « je suis un handicapé des relations sentimentales ».
V : Brice, mon cher Brice, je suis sûr qu’il y a là un parfait exemple du mec qui a vraiment besoin d’arrêter le concept du prophète ! Tu as sûrement eu quelques maladresses de jeunesse et tu as cru tomber amoureux quelques fois. Tu es même tombé amoureux mais tu as eu le coeur brisé. Bref tout cela pour dire, tu as fait une généralité de tes relations et tu as peut être fait la bêtise de coller une étiquette sur tes « amants ». Finalement, tu débutes une relations et tu ne te laisses pas aller au potentiel du spontané et de la possibilité de te planter… pour de bon ! Le sentiment que j’ai en lisant cela est que tu sais que ca va planter et que quelque part tu n’essayes pas trop car « à quoi bon, ca va planter de toute façon… » ! Peut-être que je me trompe mais après tout pourquoi pas ? As-tu déjà regardé tes relations ainsi ? T’es tu planté parce que cela arrivait ou parce que tu le savais et que de manière prophétique tu n’as pas cherché à en faire autrement ? C’est peut être par expérience que j’arrive à cette observation… J’ai voué à l’échec des relations en choisissant des personnes qui ne m’allaient pas… et je ne le regrette pas car j’ai avancé grâce à ces relations. Voilà que je me fais l’avocat de la défense, à penser que tenter des relations sans y croire ça aide. Oui, ça aide. Mais quand on a besoin d’aide, on ne le fait pas aux dépens du pauvre gars qui voulait y croire lui. On écrit un blog à la place et on se fait plaindre un bon coup. Nous y voilà :) L’homme marié qui raconte des conneries et le célibataire tantrique au coeur désabusé. Au moins on en fait du mal à personne ! Je suis casé et Brice est un coeur en or à prendre mais pas à mâcher et recracher. Y-a-t-il des princes charmants en wanabe qui veulent contribuer ?
B : Hum, je pense que tu fais un peu fausse route. Enfin, oui et non. Peut-être que je suis en pleine névrose d’échec, mais je pense pas faire planter mes relations pour donner raison à mes prophéties. Le soucis principal que j’ai avec mes relations de 15 jours, c’est la précipitation. Genre je rencontre le garçon, mignon, minet, passif, on sort ensemble rapidement (genre pas besoin de 2 rendez-vous ^^), et au bout d’une dizaine de jours, je commence à ouvrir les yeux, à le connaître un peu, et à me rendre compte qu’en fait je suis peut-être allé un peu trop vite, et qu’en fait non, on n’est pas fait pour aller ensemble, parce que trop jeune, trop immature, trop irresponsable, trop différent, pas assez ceci, pas assez cela. Effectivement je suis très exigeant, je comprends qu’on ai la même exigence à mon égard, et il faudrait surtout que je ne me précipite pas à sortir « avec le premier venu ». Quand avoir un mec devient un obsession, en général, je regrette ! Quand au coeur meurtri, franchement je n’ai jamais été amoureux. Enfin, jamais de garçons avec qui je suis sorti. Je me suis senti amoureux, j’ai été très emballé pour des garçons inaccessibles, qui ont d’ailleurs un peu le même profil, mais je n’ai jamais été amoureux des garçons avec qui je suis sorti. Attaché parfois, mais pas amoureux. C’est d’ailleurs pour ça que je rompts, parce que je ne peux pas me dire « ok, je suis pas amoureux, on a rien en commun, mais je préfère la sécurité d’avoir un mec que le célibat ». Y’a des gens que ça rassure de sortir avec leur premier petit copain, avec qui ils sont depuis le lycée : j’ai tout un tas de copines comme ça. Moi, ça m’angoisse rien que d’y songer ! Je ne baisse pourtant pas les bras, je reste un sentimental optimiste, et je laisse quelques possibilités à ma vie sentimentale : un jour je rencontrerai « le bon » et je serai amoureux, ou alors je passerai ma vie à papilloner comme je le fais aujourd’hui. Wait and see…
V : Mon cher Brice, je serai toujours là pour te soutenir. « I’ll be there for you » ;)
Ils vécurent heureux, Vinnie dans la fidèle tradition Irlandaise avec 5 enfants et Brice un pass-illimité au Dépôt.
Toutes nos excuses pour cette pause dans la publication. Nous n’abandonnons certainement pas Mind The Gap, on a juste été très pris (surtout Vinnie, parce que moi je suis actif) professionnellement et c’est comme ça. Vala.




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