A mind affair…RSS articles RSS commentaires

Archives pour le tag 'site rencontre'

Mind the Real Life

me nerd @ exalted

Vinnie : Brice, que penses tu de ce besoin d’identité virtuelle de nos jours? Entre les jeunes et les artistes qui se complaisent sur MySpace, une grosse majorité de la population mondiale taggée sur Facebook, je n’ose même pas googler mon nom de peur de tomber sur une classification basée sur mes bêtises virtuelles!

Brice : Je crois que c’est l’évolution de notre société actuelle, qui est un peu schizophrène. D’un côté elle brise le lien social et cautionne un système qui pousse à l’individualisme dans beaucoup de domaines. De l’autre, elle se jette sur les nouveautés technologiques qui sont hypersociales, avec tous les risques de dérive que ça comporte, des libertés individuelles à l’addiction complète !

V : Arrêtes, quand tu dis schizophrènes, j’ai plein de frissons ! Déjà que se construire une identité de nos jours, c’est tout un travail alors les multiplier en ligne sur différents sites, un pour le social, un pour la drague, un pour le sexe, un pour le boulot ! Manquerait plus que j’écrive un blog avec plusieurs identités, ce serait du n’importe quoi ! Je te rejoins complètement sur le concept de fracture sociale en tout cas. Aurait – on imaginé il y a dix ans se retrouver à un café par douzaine, en solo, chacun branché à son portable? Le geste de l’époque aurait été de dégainer son téléphone pour ramener du monde. Désormais, un simple login et une conection Wifi suffisent pour assurer notre bien être social.. Je m’insurge !

B : Je sais pas si tout le monde a autant d’identité que de profil en ligne. On peut avoir une cyber-représentation de soi qui soit identique sur différents supports. Par exemple ici, sur MySpace, Facebook ou RezoG, je suis Brice, infirmier et top model international. Tout le monde ne se cache pas derrière des identités virtuelles, même si c’est tentant par facilité, par paranoïa, par jeu ou par perversion. Pour le lien social, je crois qu’il y a effectivement une vraie fracture : on va voir des gens adopter des comportements « extrêmes » en marge des comportements mitigés. Je pense à ceux qui sont « anti-Facebook » ou « anti-téléphone mobile » (les communistes quoi !), et à l’inverse à ceux qui privilégient le multimédia à la « vraie vie » (mon petit frère, par exemple). C’est difficile aujourd’hui de dégager une attitude normale vis à vis du multimédia. Est-ce que je suis pas un peu « addict » quand je passe 3h sur mon blog ? 4h sur mon iPhone ? Que je suis sur Facebook toutes les 20 min ?

V : Quel emploi du temps de ministre tu dois avoir Brice entre des changements de couches pour grabataires et tes défilé de mode en Russie, je suis impressionné par ta capacité à t’adapter aux différents fuseaux horaires ! Sinon pour revenir à nos moutons, j’ai été moi même un utilisateur de téléphone portable très tardivement dans ma vie. Je me souviens en terminale d’une étude en classe de socio: le prof nous a demandé de lever la main si on ne possédait pas de portable. Sans honte, plus parce que je ne réalisais pas que c’était un véritable phénomène, j’ai levé la main, tout comme une autre connue pour ne pas être issue d’une famille très aisée… Elle n’en avait pas faute d’argent, je n’en avais pas faute d’intérêt et de besoin. J’ai réalisé Ô combien on devient ‘in’ à partir du moment où l’on rattrape le minimum social d’intégration (MSI) Terrifiant. Pareil pour Facebook. Je refusais de m’y mettre, et j’ai finalement cédé l’été précédent mon départ en Angleterre. Une fois de plus, j’ai rejoint le MSI pour ne pas perdre contact avec beaucoup de cyber-connaissances ou la famille. Mes amis Anglais remarquent que je suis très présent sur ce réseau. Pas parce que j’en suis dépendant, mais parce qu’il représente ma seule fenêtre outre Skype avec ma patrie ! Pour revenir sur tes questions, je suis donc addict par nécessité et quelque part ca me permet presque d’assumer d’avantage mon usage quotidien de la bête. Et toi Brice, es tu un utilisateur dominant ou dominé ?

other nerds nerding out @ thelastminute

B : Les deux mon général. Dominé parce que je « me fais avoir » et suis en panique à l’idée de sortir de chez moi sans avoir mon portable et mon iPod dans la poche, et que je passe beaucoup d’heures sur internet. Dominant quand je réalise finalement que je ne suis pas malheureux quand je suis privé de tout ça à l’occasion d’un voyage par exemple (genre une semaine de shooting). Je crois qu’il faut vivre avec la technologie. C’est à dire ne pas la rejeter, car c’est déjà le présent et c’est surtout l’avenir. Mais avoir un rapport sain de non dépendance, savoir établir ses priorités : la vie sociale avant tout, les jeux, l’ordi et tout ça après. Je regarde toujours les geeks et les nerds comme des gens presque anti-sociaux, et par exemple face à nos jeunes dont on parlait et qui vont désormais très vite, voir un jeune de 18 ans qui ne sort jamais avec ses amis, ne sort avec aucune fille, limite ses activités sociales au strict minimum, ça m’inquiète. On a besoin de vivre des expériences, seul et en groupe. Pour moi c’est un exemple d’abus du multimédia, d’une vraie addiction qui handicape la vie sociale…

V : Je te comprends totalement Brice, si j’oublie mon téléphone portable j’ai l’impression d’être complètement perdu pour le reste de la journée, je m’inquiète, tout comme les personnes qui n’arrivent pas à me joindre et se ruent sur des conclusions incroyables ! Du « tu m’as ignoré toute la journée« , « t’es malade« , en passant par « j’ai cru que tu m’en voulais pour l’autre jour« , ou encore « j’étais à deux doigts d’appeler la police« , on en finit pas avec les abberations en matière de réactions ! Alors qu’il y a dix ans (encore?), on aurait laissé un message sur le répondeur ou tenté de rappeler ulterieurement, sans l’impression d’être insulté, ignoré, de nos jours on fait face à l’abus de moyens non utilisés ! Que vous arrive-t-il quand vous oubliez le pen-pal, ou le portable ? La fin du monde ? Quant aux jeunes, je ne peux que mieux comprendre certaines choses, les ayant vécu et dépassé… J’ai malheureusement quitté « mes plus belles années » comme disaient mes anciens et en observant d’un oeil critique mon passé, je me dis « mais quel con… mais pas tant que cela… ». Car finalement, toutes ces bêtises, ce temps passé à comater devant la TV le week-end, ce temps branché sur ma game gear, ma game boy ensuite, je ne le regrette pas. J’ai eu le temps d’être anti-social, puis ultra-social à ne plus vouloir revenir chez moi, bref, tout cela ne m’a pas empêché de trouver mon équilibre… Qui sait, peut-être cette nouvelle génération de cyber société va trouver son équilibre quand, ayant à son tour des enfants, elle voudra les empêcher de marcher sur quelques chemins, en regrettant certains.. Vous savez, ce schéma classique du père qui n’est pas autoritaire suite à une enfance très réglée et castratrice…

B : Je ne sais pas si c’est un schéma classique, parce qu’on reproduit souvent les schémas éducatifs qu’on nous a inculqué, souvent malgré nous. Enfin, en tout état de cause, l’idée c’est qu’avec le multimédia comme avec beaucoup de chose, être « pour » ou « contre » est souvent un faux débat, la juste mesure se trouvant dans la nuance et l’équilibre. En gros, vous pouvez être un geek boutonneux no-life si de temps en temps vous contrebalancez avec une immense partouze. Non ? ;)

IMG_8784-1 @ nc90813

8 commentaires

Suiv »